NOS ATHLÈTES DE HAUT-NIVEAU

Le Stade Français est un club sportif dont la vocation première est l’éducation des jeunes par le sport.

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Riadh Tarsim : la passion du handbike, l’envie de transmettre

Champion du monde de paracyclisme et médaillé d’argent aux Jeux Paralympiques de Tokyo, Riadh Tarsim a construit un parcours où le sport de haut niveau côtoie l’entrepreneuriat et l’engagement auprès des jeunes. Notre Stadiste a encore enrichi son palmarès en mai 2025, en remportant le relais par équipes lors de la première manche de Coupe du monde de paracyclisme sur route, en Belgique, aux côtés de Florian Jouanny et Joseph Fritsch.

Originaire de Zarzis, en Tunisie, Riadh pratiquait notamment la boxe et le judo avant qu’un accident de ski ne le rende paraplégique. Il se tourne ensuite vers le basket en fauteuil, puis découvre le handbike grâce à un ami. Cette rencontre avec le paracyclisme lui ouvre de nouvelles possibilités et fait naître une véritable passion.

« J’ai un ami, lui aussi en fauteuil, que j’ai initié au basket et, petit à petit, il s’est tourné vers le paracyclisme et m’a intégré dans cette discipline. Dès le départ, j’ai tout de suite adoré », nous expliquait-il lors de notre entretien avant les Jeux de Paris.

Le plaisir de rouler s’accompagne progressivement d’une ambition sportive. Au fil des entraînements et des compétitions, Riadh rejoint le plus haut niveau international. En 2021, il devient champion du monde de la course en ligne H3 à Cascais, au Portugal. L’année suivante, à Baie-Comeau, au Canada, il remporte à nouveau cette épreuve et décroche également l’or mondial en relais par équipes.

Entre ces succès, les Jeux Paralympiques de Tokyo, disputés en 2021, marquent une étape majeure : Riadh y remporte la médaille d’argent du relais H1-H5 avec l’équipe de France. Une récompense qui vient concrétiser plusieurs années d’investissement.

Dans ce parcours, le Stade Français occupe une place importante. Lors de notre premier entretien, Riadh soulignait son attachement au club et à ceux qui l’accompagnent : « J’évolue au Stade Français, club qui a toujours su m’encadrer et m’accompagner dans mes courses, j’espère pouvoir briller pour le club, pour la ville, ça me tient vraiment à cœur. »

Il préparait alors la sélection pour Paris 2024. S’il n’a finalement pas participé aux épreuves paralympiques, il a vécu l’événement autrement : en portant la flamme et en contribuant, avec son entreprise, à la réalisation d’installations liées aux Jeux. Il est notamment revenu sur cette expérience dans un entretien publié en 2025.

Son succès en relais en Coupe du monde, en mai 2025, témoigne de la poursuite de son parcours international après l’échéance parisienne. À Bruges, le trio français s’est imposé devant l’Australie et l’Italie, offrant une nouvelle médaille d’or à la délégation tricolore.

En parallèle du sport, Riadh dirige une entreprise spécialisée dans le transport et le levage. Concilier responsabilités professionnelles, vie familiale et entraînement exige une organisation rigoureuse. Pour lui, ces activités reposent sur un même moteur : la passion et l’envie de mener ses projets à bien.

Cette expérience nourrit également son engagement auprès des jeunes. Dans notre entretien initial, il expliquait combien les rencontres et la sensibilisation au handicap lui tenaient à cœur : « C’est très important pour moi de transmettre. Je pense que le savoir permet l’anticipation. »

À travers ses interventions, Riadh partage son histoire, fait découvrir le handisport et invite à regarder autrement les possibilités offertes aux personnes en situation de handicap. Au Stade Français, cette volonté de transmettre prolonge son engagement sportif et donne toute sa place au dialogue avec les plus jeunes.

Des podiums internationaux aux rencontres avec les enfants, Riadh Tarsim porte un même message : continuer à construire ses projets, s’appuyer sur les autres et ouvrir de nouvelles perspectives.

Stéphanie Gicquel

Écrivaine, ancienne avocate d’affaires, exploratrice et sportive de haut niveau, Stéphanie Gicquel a déjà mené de nombreux projets. À 44 ans, notre Stadiste continue d’enrichir son parcours, avec une même envie : découvrir, apprendre et aller au bout de ses ambitions. Originaire de Carcassonne, elle a longtemps pratiqué le sport sans imaginer la place qu’il prendrait dans sa vie.

« À l’école, je gagnais beaucoup de cross. J’ai gagné mes premiers championnats de France sans entraînement spécifique, mes inspirations étaient souvent dans ce que j’observais, j’ai compris tard que je pouvais être sportive de haut niveau », nous confiait-elle lors de notre premier entretien.

Avant de se consacrer à l’endurance, Stéphanie s’est engagée dans une carrière d’avocate d’affaires. Pendant près de dix ans, elle a concilié les exigences de son métier avec sa passion pour la course et les voyages, avant de choisir de donner une autre direction à son quotidien.

« La transition a été assez fluide. Quand j’étais jeune, mon rêve était de voyager, c’était ancré en moi. J’ai toujours eu conscience que la vie est courte et qu’il faut aller vers ce qui nous fait vibrer, c’est ce que j’ai décidé de faire. »

Cette décision l’a conduite jusqu’aux podiums internationaux. Championne de France des 24 heures en 2018 et en 2022, elle devient vice-championne d’Europe individuelle de la discipline à Vérone en 2022, avec 253,581 kilomètres parcourus, record de France sur route. La même année, elle décroche également l’argent mondial sur 100 kilomètres par équipe, avec la sélection française.

Depuis, Stéphanie a ajouté de nouvelles performances à son palmarès. En décembre 2024, elle remporte le classement général du Desert Solstice Track Invitational, à Phoenix, devant l’ensemble des participants, femmes et hommes confondus. Avec plus de 249 kilomètres parcourus en une journée, elle établit un nouveau record de France des 24 heures sur piste.

À Millau, elle s’est également rapprochée de l’objectif qu’elle évoquait dans notre entretien : passer sous les huit heures. Le 27 septembre 2025, elle remporte les 100 kilomètres en 8 h 02 min 33 s, améliorant de dix-neuf minutes son chrono de 2023 et le record féminin de l’épreuve.

La saison 2026 confirme cette dynamique. Le 26 avril, elle court le marathon de Düsseldorf en 2 h 51 min 42 s, sa meilleure performance répertoriée par la Fédération française d’athlétisme sur la distance. Puis, en juin, elle décroche sa cinquième victoire sur le Grand Raid de l’Ultra Marin, autour du golfe du Morbihan. Elle termine l’épreuve de 175 kilomètres en 17 h 13 min 25 s, à la 13ᵉ place du classement général.

Son parcours dépasse toutefois les lignes d’arrivée. Stéphanie a traversé l’Antarctique à skis sur 2 045 kilomètres en 74 jours, via le pôle Sud, une expédition inscrite au Guinness World Records. Elle a aussi couru un marathon au pôle Nord par −30 °C et relevé le défi de sept marathons en sept jours consécutifs sur sept continents.

Ces expériences nourrissent son intérêt pour les capacités d’adaptation du corps humain. En participant à des travaux scientifiques sur l’endurance et les conditions extrêmes, elle cherche aussi à mieux comprendre ce qui permet de progresser, de préserver sa santé et de soutenir un effort prolongé.

Lors de notre entretien, elle insistait déjà sur l’importance de cette connaissance de soi : « On attache beaucoup d’importance aux matières devenues essentielles, mais il faut apprendre à se connaître soi-même pour être en bonne santé, pour éviter un maximum de problèmes. »

La transmission occupe ainsi une place centrale dans ses activités. À travers ses livres, ses conférences et ses rencontres avec les jeunes ou les entreprises, Stéphanie partage les enseignements de ses aventures, mais aussi les doutes et les difficultés qui les accompagnent.

Cet engagement se prolonge dans le monde sportif : elle est membre élue de la Commission des athlètes de haut niveau de la Fédération française d’athlétisme pour la période 2024-2028 et marraine du Stade Français Campus, qui favorise les échanges entre sportifs de haut niveau de différentes disciplines.

« Je veux également transmettre qu’il faut croire en ses rêves. Il y a eu tellement de fois où on me disait que c’était impossible, j’aurais pu abandonner et j’ai persévéré », expliquait-elle.

Des pistes d’athlétisme aux étendues polaires, Stéphanie Gicquel continue de porter cette conviction. Ses performances récentes donnent une nouvelle dimension à un parcours dans lequel le goût de l’effort reste indissociable de la curiosité et du partage.

Lucie Belbeoch : poursuivre son cap, viser de nouveaux horizons

De la danse, de l’escrime, de la natation… Lucie Belbeoch a pratiqué de nombreuses disciplines avant de trouver sa vocation. C’est en suivant les traces de son frère que la native de Brest découvre la planche à voile, un sport qui prendra progressivement une place centrale dans sa vie.

Très vite, elle se distingue en compétition. Dès sa première année de pratique, elle participe aux Championnats de France minimes, avant d’intégrer le pôle espoirs voile de Brest et de décrocher ses premières médailles nationales. Un parcours qui la conduit jusqu’à l’équipe de France de voile olympique, qu’elle rejoint en 2019.

En 2018, sa carrière prend un tournant. Venue poursuivre ses études à l’ESCP à Paris, Lucie rejoint le Stade Français. Une rencontre déterminante, comme elle nous l’expliquait lors de notre entretien avant les Jeux de Paris : « J’ai rencontré Jean-Philippe Le Chequer, président de la section, tout de suite, le courant est bien passé. Sa motivation, son dynamisme, m’ont donné envie, et le projet qu’il voulait mener me convenait parfaitement. »

Cette relation se construit autour de valeurs communes et d’une ambition sportive partagée. Depuis, Lucie porte les couleurs stadistes sur les plans d’eau français et internationaux, tout en construisant son parcours professionnel.

Diplômée de l’ESCP, elle a appris à concilier études, travail et pratique du haut niveau. Lors de notre premier entretien, elle décrivait un quotidien rythmé par les sorties en mer, les séances de cardio et le renforcement musculaire. Une préparation indispensable dans une discipline aussi exigeante que l’iQFOiL, où la maîtrise technique doit s’accompagner de qualités physiques et d’une lecture précise des conditions de navigation.

« La voile est un sport où il faut être très complet, je ne dois rien négliger car je dois être prête dans tous les aspects », soulignait-elle.

Au fil des saisons, Lucie a confirmé sa capacité à rivaliser avec les meilleures. Victorieuse des iQFOiL International Games au lac de Garde en 2021, elle décroche notamment la médaille d’argent à Palma en avril 2023, lors de la première étape de Coupe du monde de la saison. Une performance majeure dans sa préparation pour l’échéance olympique.

Sélectionnée pour représenter la France au Test Event de Marseille en juillet 2023, elle faisait partie des prétendantes à l’unique place française en iQFOiL féminin pour Paris 2024. La sélection est finalement revenue à Hélène Noesmoen, annoncée en février 2024. Lucie n’a donc pas participé aux épreuves olympiques de Marseille.

L’aventure sportive s’est néanmoins poursuivie. En 2025, elle enrichit son palmarès avec une médaille de bronze à Kiel et une victoire au tournoi international Masters d’iQFOiL en Chine. Deux résultats qui témoignent de sa capacité à retrouver les podiums après le cycle olympique parisien.

La saison 2026 lui a également réservé des difficultés. Après une préparation perturbée par des problèmes de santé au printemps, Lucie a pris part aux Championnats d’Europe de Portimão, au Portugal, où elle a terminé 37ᵉ. Une compétition exigeante, disputée dans un contexte qui ne lui permettait pas d’exprimer pleinement ses ambitions.

Son projet s’inscrit désormais dans la perspective de Los Angeles 2028. Soutenue notamment au sein de la Team CAP 2028 de Banque Populaire Rives de Paris, Lucie poursuit son parcours avec l’ambition de concrétiser son rêve olympique.

De ses débuts en rade de Brest aux compétitions internationales, notre Stadiste a construit son expérience au fil des réussites et des épreuves. Le Stade Français continue de suivre et d’encourager son parcours, avec l’espoir de la voir porter toujours plus haut les couleurs bleu et rouge.

Valentin Bertrand : l’expérience des Jeux, la passion du partage

Médaillé de bronze aux Championnats du monde de para-athlétisme de Paris en 2023, Valentin Bertrand a depuis vécu ses troisièmes Jeux Paralympiques. Après Rio et Tokyo, notre Stadiste a représenté la France à domicile lors de Paris 2024, terminant à la 9ᵉ place du saut en longueur T37 et participant également aux séries du 100 mètres T37. Une nouvelle étape dans un parcours international commencé en 2013.

Le 15 juillet 2023 reste un moment marquant de sa carrière. En décrochant le bronze mondial au stade Charléty, le natif de Neuilly-sur-Seine avait récompensé dix années d’efforts au plus haut niveau et franchi une étape décisive vers les Jeux de Paris. Cette médaille venait confirmer sa progression après deux huitièmes places paralympiques en longueur, à Rio en 2016 puis à Tokyo en 2021.

Avant de découvrir les pistes d’athlétisme, Valentin a pratiqué plusieurs sports, du tennis au ski en passant par le football. C’est à l’âge de 15 ans, grâce à un ami, qu’il découvre une discipline qui prendra progressivement une place centrale dans sa vie.

« Je remercie Alexandre de m’avoir initié (rires). Au début je n’ai pas du tout adhéré, mais petit à petit, je me suis rendu compte des capacités que je pouvais avoir dans des compétitions et j’ai commencé à vraiment accrocher », nous confiait-il lors de notre entretien avant les Jeux de Paris.

À la veille de ses 18 ans, il obtient sa qualification pour les Championnats du monde élite de Lyon, la même année que son baccalauréat. D’abord engagé sur le sprint et le saut en longueur, il fait ensuite de cette dernière discipline sa spécialité.

Hémiplégique de naissance, avec une atteinte du bras et de la jambe droits, Valentin a construit son parcours en apprenant à connaître son corps et à développer ses capacités. Dans notre entretien, il revenait sur cette période d’adaptation : « Dans la vie d’un jeune enfant, il y a toujours des hauts et des bas. Il y a eu la période d’acceptation, très jeune, une fois que je me suis adapté ça allait beaucoup mieux. »

Depuis ses débuts, le Stade Français occupe une place particulière dans son histoire. Le soutien du club et de ses encadrants lui a permis de s’entraîner avec régularité et de progresser jusqu’au niveau international. Un accompagnement qu’il évoquait avec reconnaissance : « Le Stade ne m’a jamais lâché, je suis fier de représenter le SF car ce club prône de vraies valeurs. »

Au fil des saisons, Valentin a également développé une manière bien à lui d’aborder la compétition, entre exigence et bonne humeur. « Ma devise est d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Oui je m’entraîne tous les jours, je le fais sérieusement, mais je reste Valentin le mec qui fait des blagues à deux balles et qui aime passer du bon temps. J’espère que je reste la même personne avec et sans médaille. »

Cette philosophie accompagnait déjà sa préparation pour Paris 2024. Derrière l’importance du rendez-vous, il tenait à préserver le plaisir de pratiquer : « Dans les Jeux Paralympiques il y a jeu, il ne faut pas l’oublier. »

Depuis cette expérience à domicile, un nouveau cycle s’est ouvert. Dans son bilan de l’année 2025, Valentin a évoqué les doutes et les remises en question de l’après-Jeux, mais aussi le soutien de ses partenaires et les moments partagés avec son groupe d’entraînement aux Pays-Bas. Il y a affirmé son ambition de poursuivre l’aventure avec Los Angeles 2028 en ligne de mire, pour tenter de participer à ses quatrièmes Jeux Paralympiques.

Au-delà des performances, la transmission occupe une place essentielle dans son parcours. Diplômé d’une licence STAPS et d’un master en management du sport, Valentin nous expliquait son intérêt pour les interventions auprès des jeunes, dans les collèges, les lycées et les universités.

« J’aime apprendre et partager mon savoir », résumait-il. Conseiller de jeunes athlètes, les accompagner dans leur progression et faire évoluer le regard sur le handicap donnent ainsi une autre dimension à son engagement.

De ses premières compétitions aux rendez-vous paralympiques, Valentin Bertrand porte les couleurs du Stade Français avec détermination et simplicité. Un parcours où l’ambition sportive reste étroitement liée au plaisir de pratiquer et à l’envie de transmettre.

Myriam Enmer : « En France, on est sur une bonne dynamique »

Myriam Enmer, 27 ans, est licenciée au Stade Français dans les sections Squash et Tennis. La Stadiste est une sportive de haut niveau puisqu’elle est championne du monde et championne de France d’une discipline encore méconnue : le racketlon.

Le racketlon, qu’est-ce que c’est ? « C’est le mélange des quatre sports de raquette donc tennis de table, badminton, squash et tennis. Ça se joue toujours dans cet ordre-là, donc de la plus petite raquette à la plus grande », explique Myriam Enmer.

À 27 ans, la Stadiste (licenciée au Stade Français dans les sections Squash et Tennis), championne du monde et championne de France de racketlon, est une spécialiste de la discipline, c’est le moins que l’on puisse dire. « On joue un set de 21 points dans chaque sport, contre le même adversaire, avec une petite spécificité, c’est qu’il y a deux services chacun, donc ça change un peu des règles habituelles des autres sports où cela ne se joue pas forcément de cette façon. L’autre spécificité, c’est que s’il y a plus de 21 points d’écart après le tennis de table, le badminton et squash, il n’y a pas de tennis, parce qu’en fait, même si l’autre joueur gagne 21-0, c’est irratrapable, le retard étant trop conséquent. »

Voilà pour la présentation de cette jeune discipline encore méconnue du grand public. « En 2015, pour donner une petite idée, les premiers tournois français ont eu lieu. En 2015/2016, il y avait peut-être un ou deux tournois en France. En 2024 et même 2025, je pense qu’on va être à une vingtaine de tournois donc ça grandit et je pense que ça va continuer. En tout cas, en France, on est sur une bonne dynamique », confie Myriam Enmer.

Une discipline précaire

Comment la Stadiste en est-elle arrivée à pratiquer le racketlon ? « En fait, je viens du tennis. C’est mon premier sport. J’ai fait mon sport étude, etc. et après, à la fac, en STAPS, j’avais décidé d’arrêter le tennis parce que financièrement, c’était compliqué, on en revient toujours au même. En STAPS pour le CAPEPS, il n’y avait pas de tennis. J’ai donc choisi la spécialité badminton parce que dans ma tête, je me suis dit que le badminton, ça se rapproche le plus du tennis. Ensuite, je me suis inscrite en club et j’ai repris les compétitions que j’avais arrêté en tennis complètement […] Dans mon club de badminton, à Dijon, l’actuel numéro 2 français de racketlon (Damien André), faisait déjà du racketlon donc ça, c’était en 2017/2018 et c’est lui qui m’en a parlé la première fois parce qu’il venait aussi du tennis et s’est inscrit en badminton. Lui, c’était pareil que moi par rapport au CAPEPS. Au départ, je ne voulais pas trop parce que comme je disais, le squash, je ne connaissais pas, enfin, j’en avais peut-être fait une ou deux fois mais tu vois, ça fait un peu peur. Tu es réticent, tu ne sais pas trop, tu ne connais pas trop de clubs de squash. Et 2 ans plus tard, on a fait un stage avec Damien et d’autres français à l’Alpe d’Huez où on a fait les 4 raquettes pendant une semaine Et c’est à partir de ce moment-là où j’ai aimé et je me suis lancée. »

Bien qu’elle soit la meilleure française et l’une des meilleures joueuses du monde, Myriam Enmer ne vit pas de son sport. « C’est difficile. En fait, le seul point négatif du racketlon, c’est que tu ne gagnes vraiment pas d’argent. Au tennis, ils touchent des sommes astronomiques à très haut niveau mais même à un très bon niveau régional, tu peux quand même rembourser une partie de tes frais. Au racketlon, pour l’instant, il n’y a pas d’argent. Il y a deux ans au championnat du monde, il y avait une petite somme mais c’est vraiment le point négatif. »

Du positif est cependant à tirer de cette absence d’argent. « On en parle souvent entre joueurs mais le fait qu’il n’y ait pas l’argent qui rentre en compte contribue quand même à la bonne ambiance, alors que c’est vrai qu’on sait très bien que dans chaque sport de haut niveau, plus ça monte, plus c’est la bagarre et c’est normal. Là, au moins, il n’y a pas l’argent qui rentre en jeu et je pense que ça fait que les gens sont assez fair-play, bienveillants. Ça, c’est cool, ça donne vraiment envie de continuer la discipline. »

Pour essayer de financer ces compétitions, Myriam Enmer a eu une idée. « Je lance un site internet pour essayer d’avoir deux ou trois sponsors. Je ne sais pas ce que ça va devenir du tout, je vais tenter. Même aux Jeux olympiques, on voit certains athlètes qui travaillent à côté donc on n’est pas les seuls comme ça. »

Ecoutez l’interview de Myriam Enmer en intégralité sur Spotify en cliquant sur le lien suivant : https://open.spotify.com/episode/3vi7yxHhGkyNBUWShuTH5k?si=-HuVusyPSNqko8ODK6gDfw

Pour en savoir plus sur notre Stadiste, rendez-vous sur son site internet : https://www.myriamenmer.com/

Emma-Lou Schindler : « J’ai une relation particulière avec le Stade Français parce que je suis une enfant du club »

Emma-Lou Schindler, capitaine du Stade Français Hockey, s’est livrée dans un entretien dans lequel elle évoque notamment la saison actuelle de son équipe mais aussi l’honneur de représenter un club au palmarès si important que le Stade Français.

Commençons par parler des actus récentes de ton équipe, vous évoluez en Nationale 1, la deuxième division française de hockey sur gazon, c’est la trêve et votre dernier match s’est soldé par une défaite 1-0 contre Lille.

C’est compliqué parce qu’on est descendu du championnat Elite donc on était censé être une équipe prometteuse en intégrant la Nationale 1. On a reconstruit toute une équipe après avoir perdu beaucoup d’anciennes joueuses donc aujourd’hui on travaille avec des joueuses qui sont beaucoup plus jeunes, moins expérimentées. La moyenne d’âge de l’équipe n’est même pas de 17 ans donc on a un groupe très jeune. On a une nouvelle coach, Philippine Berly, ancienne joueuse du Stade Français qui a joué en équipe de France pendant des années. Cela change aussi d’avoir une ancienne joueuse qui nous entraîne parce qu’il y a des nouveaux moyens d’apprentissage donc c’est compliqué pour nous toutes.

On est actuellement sixième (sur 10) au classement, je pense qu’on pouvait accrocher la troisième place avant la trêve si on n’avait pas fait quelques erreurs qui nous ont fait perdre beaucoup de points. On va travailler et même si ce n’est pas sûr qu’on remonte en Elite cette année, on peut prétendre au top 3. On a une équipe prometteuse avec deux joueuses qui sont en équipe de France chez les jeunes et on a aussi des joueuses qui ont joué des Coupes d’Europe donc c’est une équipe qui est en construction mais qui va aussi se construire pendant la trêve. On va travailler pour revenir plus fortes et peut-être montrer un peu plus nos capacités que lors de lors de la première partie de saison. Malgré tout, pour une équipe aussi jeune et qui a perdu plusieurs éléments, la sixième place est loin d’être ridicule.

Votre équipe est assez jeune cette saison, est-ce que le manque d’expérience vous a fait perdre des points sur certaines rencontres ?

Je pense que l’expérience est un facteur hyper important dans un sport collectif comme celui-là. Il y a des équipes jeunes et moins jeunes dans notre championnat. Certaines équipes ont d’anciennes joueuses internationales dans leurs rangs donc c’est assez compliqué. Je pense aussi qu’on n’a pas la même implication quand on est jeune dans le sens où on n’a pas forcément connu le haut niveau ce qui rend compliqué la gestion des moments plus durs. Sur des matchs où on est à égalité et qu’il faut absolument marquer, quand tu as 15 ans, évidemment que c’est plus compliqué pour toi de savoir ce que tu dois faire à ce moment-là que pour une joueuse qui a joué en équipe de France ou qui a plus d’expérience et qui a dû marquer sur des moments importants. Je pense cependant que c’est essentiel d’avoir une équipe jeune comme la nôtre parce que c’est une équipe qui va construire et qui va grandir ensemble. On va perdre peu de joueuses parce qu’on va toutes jouer ensemble, je pense, pendant encore 10 ans.

C’est un projet sur la durée ?

Exactement, c’est d’ailleurs l’objectif de notre coach, on en a beaucoup discuté et elle espère vraiment construire une équipe avec toutes les joueuses qu’elle a à sa disposition aujourd’hui et il y a vraiment un projet sur le long terme.

Tu es la capitaine du Stade Français Hockey, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?

J’ai une relation particulière avec le Stade Français parce que je suis une enfant du club. Mes grands-parents sont passés par le club, mon père aussi et mon frère est capitaine de l’équipe masculine du Stade Français donc c’est vraiment une histoire de famille. J’ai commencé tard parce que je pense que j’étais un peu rebelle et j’en avais marre d’entendre tout le monde parler de hockey dans la famille. J’ai pratiqué différents sports (danse, natation synchronisée, athlétisme), on a déménagé en Suisse pendant trois ans et là j’ai intégré le club du Stade Lausanne en hockey sur gazon à l’âge de 11 ans. Je me suis prise de passion pour ce sport parce que je n’étais pas contrainte, j’ai juste voulu le faire de mon plein gré. Ce n’était pas dans mon club donc j’avais aussi moins de pression. J’ai réellement commencé au Stade Lausanne même si j’avais un peu joué au Stade Français mais l’envie n’était pas là à l’époque. Quand je suis revenu à Paris, en 2016, j’ai fait mon retour au Stade Français et là je ne pouvais plus m’arrêter.

J’ai joué en U16, j’ai fait les sélections Île de France, les Championnats de France, j’ai été rapidement surclassé en Elite (niveau de l’équipe séniors à l’époque) et c’était une époque où la section féminine du Stade Français terminait toujours dans le top 4, j’étais avec des joueuses très expérimentées dont mon actuelle coach, Philippine Berly, avec qui j’ai joué et qui est aussi ma cousine, on en revient encore à cette histoire de famille (rires).

Cela fait 103 ans que la première équipe féminine du Stade Français Hockey a été créée, qu’est-ce que cela fait de représenter un club historique de la discipline ?

C’est un honneur parce que c’est un club qui est familial, ma grand-mère a porté les couleurs du Stade Français elle aussi. Notre section féminine est la plus titrée en France donc quand on reçoit nos adversaires à domicile, on voit toujours ce cadre avec tous les titres qui y sont inscrits. C’est impressionnant et ça nous pousse à nous dépasser encore plus pour représenter ce club de la plus manière possible.

On est redescendue Nationale 1 mais je pense que ça montre aussi la force de ce club. On réussira à remonter en Elite et on pourra construire un projet avec l’équipe qu’on a aujourd’hui. Je pense que ça montre que c’est un club qui est important en France et qui l’est pour nous toutes. Personnellement, quand je porte ce maillot et mon brassard de capitaine, je suis une amoureuse du club donc je me donne à 100%, c’est quelque chose qui est très important et pour beaucoup de joueuses de l’équipe.

Le palmarès du Stade Français et le côté historique de la section pèsent-ils dans le choix de certaines joueuses qui vous rejoignent ?

C’est vrai qu’il y a notamment beaucoup de joueuses étrangères qui nous contactent pour intégrer le club mais le problème est que le Stade Français est compliqué d’accès. Les étrangères ne peuvent pas faire des heures de trajets pour venir aux entraînements. Depuis que je suis arrivé, j’ai toujours joué avec des joueuses de différentes nationalités, cette saison c’est la première fois que notre effectif est 100% français. On essaie tout de même de faire de venir des joueuses des clubs alentours et, même si en ce moment c’est plus compliqué, le but l’été prochain sera de travailler pour pouvoir attirer des pépites françaises et étrangères afin de faire grimper encore plus le club.

Comment gérer l’exigence du niveau national avec notamment des longs trajets sur plusieurs week-ends alors que le hockey n’est pas votre activité principale ?

C’est très compliqué et c’est pour ça qu’on a besoin d’être impliquées à 100% mais parfois des joueuses ne peuvent pas être disponibles pour diverses raisons. Cette saison, il y a un week-end où nous sommes parties le samedi pour affronter Mérignac, juste à côté de Bordeaux, on a dormi à Bordeaux le samedi soir puis on a joué le dimanche à Toulouse. C’est dur, c’est fatiguant mais c’est un sport collectif donc on est obligé de s’impliquer à 100% parce que si on ne le fait pas ça impacte toute l’équipe.

On a fait le plus gros en termes de déplacements lors de cette première partie de saison. En deuxième partie, il nous restera un gros déplacement à Antibes mais pour le reste les déplacements seront moins conséquents. Ce qui est aussi compliqué c’est qu’en plus du dimanche, une grosse partie du samedi est prise par le hockey puisqu’on a entraînement. Le samedi soir on ne va pas sortir jusqu’à 4h du matin parce qu’il y a match le lendemain avec des départs à 8h du matin parfois. C’est compliqué mais on le sait, chaque joueuse qui intègre l’équipe le sait. Aujourd’hui on y arrive, ça a toujours bien marché, on a quand même trois mois de trêve donc c’est énorme et on essaie d’expliquer à chaque fille qu’il y a trois mois d’implication, une pause de trois mois, à nouveau trois mois où il faut être impliquée puis une pause de deux mois pendant l’été. Cela ne fait pas une énorme coupure mais pour l’instant ça va, après il y a aussi les études à côté sur cet aspect là ça peut aussi être compliqué.

Si la contrainte des déplacements existe, on imagine aussi que ça peut souder un groupe parce que ça permet à l’équipe de passer de vrais moments ensemble ?

Franchement, ce sont aussi des moments qui sont exceptionnels. J’ai fait une Coupe d’Europe il y a quelques années donc quand on part en Coupe d’Europe on est à 100% avec le groupe. C’est assez long, ça demande de l’implication mais quand tu pars avec toutes tes copines, parce qu’il faut dire que c’est plus qu’une équipe ce sont des copines en fait, évidemment que tu prends du plaisir. Quand on a fait le double déplacement du côté de Bordeaux et Toulouse, c’était génial parce qu’on dormait toutes ensemble, on dînait, on parlait puis on redécouvre aussi son équipe autrement. Je pense aussi que c’est un aspect à la fois négatif et positif ce côté déplacement. Cela rapproche tout le monde et on peut découvrir chaque joueuse sous une autre facette, je trouve que c’est hyper important et intéressant d’avoir ces petits moments. Personnellement, j’aime bien les déplacements, ça peut paraître bizarre mais j’aime bien partir avec mon équipe.

Maty Fall : l’expérience du haut niveau au service du Stade Français

Arrivée au Stade Français cet été, Maty Fall apporte son expérience du basket national et international à notre équipe de NF1, dont elle est la capitaine. À 30 ans, la joueuse professionnelle et internationale sénégalaise ouvre un nouveau chapitre de son parcours sous les couleurs bleu et rouge.

Durant ses cinq saisons à Rouen Métropole Basket, Maty a notamment connu une montée en NF1 puis en LF2. Son palmarès s’est également enrichi d’une victoire en Coupe de France lors de la saison 2024-2025, avec une distinction personnelle : le titre de MVP de la finale.

Internationale sénégalaise depuis l’âge de 18 ans, elle représente son pays depuis plus d’une décennie. Cette expérience constitue un atout pour accompagner le collectif stadiste et assumer son rôle de capitaine.

Son engagement au Stade Français se prolonge également auprès des jeunes. En reconversion professionnelle, Maty entraîne les U13 féminines de la section basket. Une nouvelle responsabilité qui lui permet de transmettre son savoir-faire et de partager son expérience avec la prochaine génération de joueuses.