Un peu plus d’un mois est passé depuis la Coupe du Stade, peux tu nous dire ou tu en es ? Ta convalescence se passe bien ? Quand peut-on espérer te revoir sur les terrains ?
« La convalescence se passe plutôt bien. Ma main a complètement dégonflé. On va retirer les broches le 9 mars et j’ai même fait ma première séance de squash ce matin en jouant de la main gauche ! Je n’avais pas de douleur, mais j’ai encore du mal à serrer ma raquette avec le petit doigt, donc ce n’est pas encore parfait, mais c’est encourageant.
Je ne sais pas encore exactement quand je pourrai rejouer. Je passe une radio le 7 mars, puis j’ai l’opération le 9 pour retirer les broches. Ensuite, on verra comment ça évolue et à quelle vitesse je peux reprendre normalement. »
Comment occupes tu tes journées ? Je t’ai vu faire du ghosting le jeudi à Créteil, entendu sur Sports en France commenter le circuit PSA …
« Je fais pas mal de renforcement musculaire et de musculation. Au début c’était un peu particulier avec une main en moins, mais ça m’a permis de bien travailler le bras droit !
Je m’entraîne aussi beaucoup à Créteil sur la prise d’informations, notamment avec le “Neural Trainer” ce sont des spots lumineux qui s’allument et que je dois toucher le plus vite possible. J’ai aussi téléchargé une application pour continuer à développer cet aspect-là.
Et oui, je suis passé sur Sport en France pour commenter le match de Victor. C’était une super expérience, très sympa à vivre. »
Vu le contexte, avec ta blessure dans les secondes qui ont suivi l’euphorie de ta victoire, quel sentiment domine ? la satisfaction d’avoir battu le N°1 français, top 10 PSA, ce qu’aucun joueur français n’avait réussi depuis 3-4 ans ? Ou la frustration de ne pas pouvoir enchaîner ?
« Pour être honnête, j’ai savouré la victoire… environ dix secondes. Ensuite j’ai frappé la vitre, et j’ai tout de suite compris que c’était sérieux et que je ne pourrais probablement pas jouer la finale.
Je ne savais pas encore que c’était une fracture. Je suis allé chercher de la glace au bar, puis je suis monté voir le kiné. À sa tête, j’ai compris que j’allais être arrêté un moment… J’étais forcément dégoûté. Mais la victoire contre Victor reste énorme, ça me réconforte. On ne bat pas un top 10 mondial tous les jours. »
3 victoires en challenger en novembre, une entrée dans le top 100, une victoire sur Victor, ça ressemble à un gros déclic. Comment tu expliques ça ?
« Je pense vraiment que le changement d’environnement a été un gros déclic. J’étais à Aix-en-Provence avant, puis je me suis installé à Paris pour m’entraîner avec Medhi Renai. Je me suis beaucoup remis en question, et je pense sincèrement que Medhi m’a apporté les clés et les outils nécessaires pour passer ce cap. »
Avant ce match, est-ce qu’au fond de toi tu te sentais capable de battre un top 10 mondial ?
« Oui. Comme je l’ai déjà dit, j’aborde tous les matchs de la même façon : mon objectif, c’est de gagner, peu importe le joueur en face. Dès mon entrée sur le terrain, je suis à fond, avec cette conviction que c’est possible.
Après, si on regarde sur le papier, je suis censé perdre, ça c’est sûr. Mais justement, j’essaie de ne pas trop réfléchir à ça. Dans ma tête, je vais gagner. »
Quand tu vois Victor enchaîner les performances sur le circuit PSA, battre Elias en finale du Gold à Houston, monter au 5ème rang, ça doit te donner encore plus de confiance non ?
« Ça crédibilise surtout ma performance. Il enchaîne les exploits, donc forcément…
Après, je reste lucide : je sais qu’il n’avait pas son meilleur niveau à la Coupe du Stade, clairement moins bien que lors de ses performances à Houston. Mais moi aussi j’ai très bien joué ce jour-là, donc ça compte ! »
Est-ce qu’on t’interdit de célébrer les victoires depuis ?
« Non, pas du tout 😉 Je ferai simplement beaucoup plus attention la prochaine fois !
Mon coach Medhi ne m’a rien dit, mais je pense qu’il devait être un peu dégoûté quand même… C’est normal. Ça ne m’empêchera pas de célébrer, je serai juste un peu plus prudent. »
Si tu devais résumer ta Coupe du Stade en un mot ?
« Rocambolesque. »
Pour finir, Benoît (président de la section squash) me dit de te rappeller que tu nous dois une finale (et un discours), donc on compte sur toi pour l’édition 2027 !
« Évidemment que je serai là ! C’est mon tournoi maintenant ! »
