Ironman France Nice (24/06/2018)
Dimanche 24 juin se déroulait le légendaire Ironman de Nice (3.8km de natation, 180km de vélo et 42km de course à pied). 21 stadistes étaient au départ et tous sont venus à bout de cette incroyable épreuve.
Grace à eux, le Stade remporte la course par équipe et se classe à la 5ème place mondiale et à la 3ème européenne de l’Ironman Triclub Program.
Les résultats détaillés ci-après :


Bonjour Emmanuel, tu as réalisé une performance ENORME à l’Ironman de Nice 2018, terminant 19ème overall en 9h19, en quelques mots, qui es-tu et d’ou viens-tu ?
Je te disais que j’ai commencé le triathlon il y a 4 ans et cela fait 4 ans que je suis au stade 🙂 J’ai commencé ce sport avec un ami qui y était licencié et je m’y suis inscrit très rapidement. Aujourd’hui l’essentiel des amis avec lesquels je partage ce sport sont membres du Stade Français. La notion de « partage » fait référence aux séances d’entrainement, aux stages de quelques jours ou aux courses que nous faisons ensemble, mais également à tous les « à-côté », les débriefs interminables des dernières perfs des pros, les débriefs de nos propres perfs, les discussions sur les nouveaux vélos ou la position vélo de Lionel Sanders, les débats houleux sur les bonnes ou mauvaises méthodes d’entrainement, … Bref, tout ce qui touche au triathlon dans son ensemble 😉
On ne te voit pas souvent aux entraînements, peux-tu nous donner un de tes secrets de coaching ?
Il est vrai que je ne m’entraîne assez peu avec le Stade Français directement. J’ai fait pas mal de séances et suivi les plannings sur mes premières années, aujourd’hui je m’organise différemment en fonction de mes contraintes d’emploi du temps. En général je cours ou fait du home trainer solo le soir après le travail, j’essaye d’aller nager sur ma pause déjeuner et je fais les sorties vélos du weekend avec quelques copains (membres du stade le plus souvent). C’est un fonctionnement qui me va assez bien comme cela. L’année prochaine je sais très bien comment cela va se passer, je vais démarrer l’année en me disant que cette fois-ci je vais me lever le matin à 6h pour aller aux entraînements de natation du Stade et enfin progresser dans ce sport, et très rapidement je retournerai nager le midi parce que je ne suis vraiment pas du matin 🙂
Revenons-en à cette course, peux-tu nous faire revivre les principales émotions par lesquelles tu es passé ?
Avec plaisir, débriefer une course dont on est satisfait est assez facile 🙂 Je sors de l’eau en 1h02 après cette boucle où les sensations n’étaient pas vraiment au rendez-vous, comme pour chaque natation en ce qui me concerne 🙂 N’étant pas bon nageur, quand je regarde le chrono je ne sais pas s’il va m’indiquer 1h00 ou 1h10. Quand je vois 1h02 je suis satisfait, je me dis que j’ai limité la casse et que je vais pouvoir m’exprimer à vélo (même si je rêve toujours de voir un jour écrit 59min59sec sur ce chrono 😉 ). A vélo, le mot d’ordre était de rester prudent jusqu’en haut de l’Ecre. En effet, il est très facile de monter l’Ecre en sur-régime, puisque cette première partie est très vallonnée et que normalement on a tous les jambes fraîches à ce moment de la course. On peut se retrouver en haut avec beaucoup trop de fatigue accumulée et la seconde partie de la course se transforme en calvaire. Le vélo étant plutôt l’un de mes points forts, il a été relativement frustrant de rester calme et parfois de me faire dépasser sur cette première partie. J’arrive avec Nicolas (membre du SF qui faisait son premier IM) en haut de l’Ecre plutôt frais, ce qui me permet d’appuyer sur la seconde partie et d’avoir la puissance la plus homogène possible sur la totalité du parcours. Je suis plus frais que la plupart des concurrents qui m’entourent et je gagne beaucoup de places sur cette seconde partie. Cette gestion du vélo m’a permis d’entamer le marathon en excellente condition après les 5h08 de vélo. Je reste très prudent sur les 2 premières boucles en me rappelant le dicton « un IronMan commence vraiment au kilomètre 20 du marathon ». La suite est assez facile puisque l’on commence à réaliser que l’on fait une belle course, on rattrape tous ceux qui ont trop donné à vélo et au début de la CAP, il devient quasiment impossible de lâcher l’affaire mentalement. Je boucle le marathon en 2h59 en étant plutôt régulier (il manque 1 kilomètre à Nice) . Je suis donc très content de ma course et surtout de la gestion sur le vélo et le début de la CAP, ce qui m’a permis de faire une course pleine. Le chrono du marathon n’est que le résultat d’une bonne gestion (gestion d’effort, de nutrition, d’hydratation…) sur les 8 premières heures de course. Manon Genêt disait dans son débrieffing de Nice » l’IronMan c’est trouver cette allure ni trop difficile ni trop confortable. C’est une question de patience, trouver cette bonne allure et la maintenir jusqu’à ce que l’on se sente plus faible. Et à partir de ce moment là c’est une autre énergie qui prend le relais ». Ça résume plutôt bien l’effort je trouve 😉
Et maintenant, quels sont tes prochains objectifs ? Je crois savoir que tu n’as pas pris le slot pour HawaÏ…
En effet je n’ai pas pris mon slot pour Hawaï cette année, pour plusieurs raisons. Tout d’abord j’ai un mois de vacances en août que je ne compte pas annuler et si je pars 4 semaines en août il me sera difficile de repartir 2 semaines début Octobre (il faut bien que je travaille de temps en temps), sans parler du fait que ces vacances ne seront pas très orientées triathlon. Par ailleurs, je ne connais pas grand monde qui va à Kona cette année et la perspective de faire ce voyage seul ne m’emballait pas. Enfin, si je me qualifie de nouveau j’irai probablement à Kona une fois pour voir à quoi cela ressemble, mais cette course ne me fait pas vraiment rêver, le parcours vélo à l’air ennuyeux au possible, les problématiques de drafting rendent la course très injuste, je ne suis pas sûr de pouvoir m’exprimer à pied sous une telle chaleur… Bref, Kona pourquoi pas une année pour voir, avec des bons copains et en anticipant les vacances du mois d’août, mais Kona ne s’inscrivait pas dans mes projets cette année. Je vais faire quelques Halfs d’ici la fin de saison, probablement un fin Juillet et un ou deux en septembre, avant de couper le triathlon en cette fin d’année pour revenir très motivé la saison suivante 😉
Merci Emmanuel, bonne récupération et bonne fin de saison !